13.12.2016

Description du marché des fleurs et plantes

Le secteur horticole suit la situation politique globale

Le secteur horticole se montre relativement stable et optimiste sur les marchés, malgré les nombreuses incertitudes économiques et politiques. Malgré le Brexit, l’embargo russe et la terreur, le monde des fleurs et plantes continue de tourner, bien qu’il n’emprunte pas toujours les voies traditionnelles.

Les caractéristiques du commerce mondial de ces dernières années ont toujours cours. La demande mondiale en fleurs et plantes se concentre dans les pays d’Europe, en Chine, au Japon et aux États-Unis. En tant que plaque tournante du commerce au sein de l’UE, les Pays-Bas restent le numéro 1 incontesté. Ils représentent à eux seuls presque 70 % des exportations de fleurs et de plantes au sein de l’UE Comme le révèlent les derniers chiffres d’EUROSTAT, la tendance à la hausse des importations de fleurs et de plantes dans l’UE persiste, tant en volume qu’en valeur.

En 2015, le volume des importations de l’UE s’est élevé au total à 504 952 tonnes (+ 8,2 %) pour une valeur de 1,68 milliards d’euros (+ 5,3 %). Les fleurs coupées sont le principal responsable de la hausse des importations, celles-ci représentant 78 % des importations totales dans l’UE. En termes de valeur, leur croissance correspond à exactement 5,3 % de la croissance globale. L’augmentation des exportations est due presque exclusivement aux fleurs coupées ; les fleurs coupées étant le seul moteur de croissance du commerce extérieur au sein de l’UE.

Le fait que le volume des importations marque une progression plus forte en pourcentage que la valeur des importations indique que la tendance des dernières années à des produits de plus en plus qualitatifs n’a plus cours. En revanche, l'évolution à long terme dans le déplacement vers les pays fournisseurs se poursuit. En tant que pays fournisseur de l’UE, le Kenya reste le numéro 1 incontesté, avec environ 27 pour cent des importations, suivi de l’Éthiopie, l’Équateur et la Colombie. En tant que producteurs classiques de fleurs coupées, ces pays sont responsables de l’augmentation des importations décrites au sein de l’UE. Ils continuent de renforcer leur position sur le marché en tant qu’exportateur pour l’UE.

Par contre, les pays exportateurs comme Israël, les États-Unis et le Costa Rica affichent une tendance à la baisse.

Hausse de la valeur des exportations de l’UE – mais pas du volume des exportations

Selon Eurostat, 664 000 tonnes de fleurs et plantes ont été exportées de l’UE en 2015, pour une valeur de 1,98 milliards d’euros. Soit, par rapport à l'année précédente, un recul de 3,1 pour cent en termes de volume. La tendance à la hausse des exportations de l’UE depuis dix ans enregistre un recul pour la deuxième année consécutive depuis 2013. Dans le même temps, il faut constater une augmentation de valeur de 5,1 pour cent. Celle-ci concerne l’ensemble des assortiments de fleurs et plantes. Lorsque la baisse des volumes exportés coïncide avec une hausse de la valeur des exportations, cela signifie que les pays membres de l’UE exportent de plus en plus de produits de qualité supérieure.

Persistance de l’excédent commercial

Malgré l'augmentation des importations de fleurs coupées en provenance de l’UE et donc du nouvel élargissement de la balance commerciale négative dans le segment des fleurs coupées et feuillages décoratifs (2015 : env. - 620 millions d’euros / 2014 : env. - 500 millions d’euros), la vision globale montre un excédent commercial pour les fleurs et plantes à hauteur d’environ 300 millions d’euros. Un excédent commercial est constaté depuis 2002. Celui-ci est essentiellement dû à l’exportation de bulbes de fleurs et de tubercules provenant de l’UE.

Peu de changements pour les marchés cibles des exportations de l’UE

À première vue, les marchés cibles des exportations de l’UE se présentent comme par le passé. La Russie et la Suisse restent de loin les plus forts consommateurs de fleurs et plantes ornementales en provenance de l’UE. En 2015, l’UE a exporté 20,5 pour cent de sa valeur exportée à la Russie (cf. 2014 : 21,3 %) et à la Suisse (cf. 2014 : 20,7 %), suivies des marchés d’exportation États-Unis (11,2 %), Norvège (8,2 %) et Chine (5,9 %). Après un examen plus attentif, on remarque que la baisse des exportations vers la Russie est compensée par la croissance des marchés cibles restants. Cela signifie que les pays membres de l’UE continuent de renforcer leurs marchés d’exportation traditionnels. Des efforts intenses sont donc actuellement déployés par les différents pays exportateurs de l’UE afin de s’établir dans les pays qu'ils ont négligés par le passé. Ainsi, des pays comme la Turquie, l’Ukraine, les Émirats Arabes Unis ou même le Japon sont de plus en plus courtisés. Christian Schmidt, Ministre fédéral de l’agriculture, a récemment insisté sur l'importance de poursuivre un étroit partenariat entre l’Allemagne et la Turquie dans le secteur agricole, tandis que les entreprises néerlandaises ont confirmé vouloir coopérer plus intensément avec l’Ukraine lors du salon Flower Expo Ukraine 2016. À l’exception de l’Ukraine, on constate de légères augmentations atteignant un pour cent pour tous les marchés cibles des exportations de l’UE. Le classement des différents marchés cibles reste donc constant en termes de valeur des ventes.

Deux sujets de discussion dominent 2016

La hausse des importations et des exportations de l’UE dans le secteur des fleurs et plantes constitue un indice de stabilité, voire de hausse du marché pour cette la branche. Les valeurs des exportations aux Pays-Bas, mais également en Allemagne, affichent des valeurs record et pourraient inciter à l'optimisme dans la branche. Ainsi l'évolution positive des exportations se poursuit pour les Pays-Bas, y compris à l’automne 2016, après une année 2015 déjà marquée par une valeur des exportations record de 5,6 milliards d’euros au total. Cependant, en 2016, une insécurité se propage sur le marché européen. « Brexit » et « Russie » en sont les thèmes centraux.

Brexit – quoi de neuf à l’Ouest !?

Avec la décision du Royaume-Uni de quitter l’Union Européenne à l’été 2016, force est de constater qu’une certaine incertitude a envahi non seulement le commerce européen, mais aussi le commerce mondial des fleurs et plantes. Jusqu’en 2016, le Royaume-Uni a importé chaque année des fleurs et plantes auprès de fournisseurs et distributeurs basés dans les pays membres de l’UE pour une valeur marchande d’environ un milliard d’euros. Ainsi, le Royaume-Uni représente dès 2011 le deuxième marché d'importation pour les plantes ornementales au sein de l’UE. Pour les fournisseurs et les distributeurs néerlandais, mais aussi allemands, italiens, danois et belges, les Britanniques étaient et restent un des plus importants partenaires commerciaux. Les Britanniques et les Néerlandais entretiennent une relation commerciale étroite : En 2015, les néerlandais ont exporté 17 pour cent de leurs exportations totales de plantes ornementales (env. 925 millions d’euros) vers le Royaume-Uni. Cela correspond à 80 pour cent de l’ensemble des fleurs coupées importées et 70 pour cent de toutes les plantes importées par les Britanniques.

Le Royaume-Uni est également pour beaucoup dans l’augmentation générale de la demande en fleurs et plantes dans l’UE. La légère augmentation de 0,5 % du chiffre d’affaires enregistrée en 2015 chez les vendeurs de fleurs et plantes de l’UE, soit 32,4 milliards d’euros, était liée en large partie à l'influence positive du Royaume-Uni. Les partenaires commerciaux, en particulier les Néerlandais, attendent donc avec anxiété les répercussions encore difficiles à prévoir du Brexit.

Cette anxiété est légitime, bien que le comportement d’achat des Britanniques n’ait pas encore changé, comme le révèlent les enquêtes statistiques des enchères néerlandaises Royal FloraHolland. Après une baisse temporaire du volume des ventes d’environ cinq pour cent juste après le référendum de juin 2016, il semblerait que les ventes de plantes en termes d’espèces et de volume se présentent à l’heure actuelle exactement comme l'année précédente.

Il est intéressant de noter que malgré la dépréciation de la livre britannique (achat plus cher), les distributeurs britanniques maintiennent les prix consommateurs pour les fleurs et les plantes au même niveau que l’année précédente. Les prix de vente sont donc actuellement « subventionnés » ou compensés aux frais de la propre marge bénéficiaire des fleuristes britanniques. Jusqu'à présent, c’est donc aux distributeurs britanniques de supporter le problème – pour combien de temps encore ?

Ce comportement de vente empêche certes les baisses de chiffre d’affaires et génère des chiffres de ventes constants, mais à long terme il finira par dissuader les Britanniques de se lancer dans la vente de fleurs et de plantes. À terme, si des droits de douane supplémentaires devaient s'ajouter et que les délais étaient retardés, la marchandise jusqu’alors importée de l’UE deviendrait de moins en moins attrayante pour les distributeurs britanniques. Beaucoup chercheront des solutions. À cet égard, trois scénarios sont possibles :

1) Transfert des prix d’achat élevés aux consommateurs finaux : Les distributeurs augmentent les prix de vente des fleurs et plantes en fonction des pertes de change au risque de décourager les consommateurs britanniques et de voir baisser la demande. À long terme, les détaillants spécialisés n’auront guère d’autre choix que d’augmenter leurs prix de vente s’ils veulent continuer de s’offrir la marchandise d’importation « coûteuse » de l’UE.

2) Développement des relations commerciales et des importations directes auprès de fournisseurs des pays tiers : Les entreprises commerciales, qui en tant qu’entreprises individuelles ou groupement d’achat ont une taille suffisante pour pouvoir acquérir leur marchandise directement auprès des pays producteurs d’Afrique et d’Amérique centrale, développeront des relations commerciales en ce sens, détourneront leurs flux de marchandises en importations directes et cesseront d’emprunter la voie néerlandaise. Dans ce scénario, il sera intéressant de savoir quelles applications douanières seront plus tard en vigueur et comment celles-ci se répercuteront sur les importations directes.

3) Développement de la production intérieure : Les producteurs britanniques pourraient développer leur production. En raison de la situation de l'énergie et des coûts, un développement de la production intérieure est plutôt irréaliste mais envisageable à petite échelle.

À long terme, il est donc à craindre que le commerce des fleurs et plantes au sein de l’UE soit inévitablement soumis à une forte pression en raison du Brexit. Les experts partent de l’idée que les répercussions majeures du Brexit ne seront pas perceptibles avant deux ans.

Plus précisément, les centrales d’achat des supermarchés comme Tesco, Asda, Aldi, Lidl and Co., qui au Royaume-Uni représentent déjà plus de 54 pour cent du marché pour les fleurs coupées et 32 pour cent pour les plantes d’intérieur, rechercheront des alternatives d'achat et des prestataires de service hors UE, contribuant ainsi à une modification des flux de marchandises. La tendance aux importations directes est déjà perceptible chez les grossistes dans toute l’Europe et devrait encore s’accélérer suite au Brexit.

Le pays comme le Kenya, la Colombie, l’Afrique du Sud, la Turquie, l’Israël et le Maroc seront certainement au centre de l’attention des acheteurs britanniques, encore davantage qu’auparavant. Cependant, l'insécurité règne également dans ces pays. Plus particulièrement, l'association des fleuristes kenyanes craint donc que l’accès au marché de l’UE et du Royaume-Uni se complique pour ce qui concerne les droits de douane et les flux des marchandises. Cette insécurité s’explique essentiellement du fait que le Kenya se trouvait aux côtés de l’UE dans la communauté de l’« East African Community » à l’été 2016, peu avant la percée lors de la mise en œuvre de facilitations essentielles des échanges.

 

De nouveaux débouchés en perspective

De fait, depuis le Brexit, les grossistes de fleurs néerlandais recherchent intensivement de nouveaux débouchés. À cet égard, toutes les possibilités sont envisagées, que ce soit au sein de l’UE ou au-delà, p. ex., aux États-Unis ou en Chine. Selon FloraHolland, la Chine en particulier, « raffole des fleurs made in Holland » et demeure, malgré une situation économique tendue, un marché de croissance très intéressant pour l’exportation de fleurs et plantes. Les experts estiment que, en raison de la mutation de la société chinoise (15 millions de Chinois quitteront la pauvreté pour accéder à la classe moyenne), la consommation par tête des chinois est appelée à connaître une profonde transformation, à l'instar des marchés de croissance que sont le Mexique, le Brésil ou l’Argentine. Si cela s'avère, le potentiel du marché chinois des fleurs et plantes au niveau des consommateur, aujourd’hui de 5,5 milliards d’euros, serait triplé pour passer à 16,5 milliards.

Dans ce contexte, les objectifs d’exportation de la Royal FloraHolland d’augmenter sa valeur d’exportation actuelle, passant de dix à 200 millions d’euros d’ici 2020, pourraient être réalistes. Il faudra attendre de voir dans quelle mesure les autres pays de l’UE pourront tirer profit de cette croissance et d’un label « Made in the EU ».

La Russie et son embargo

Un coup d’œil au partenaire commercial russe révèle également combien il est important de trouver des débouchés fiables pour les fleurs et plantes. En tant que marché cible des exportations de l’UE, la Russie continue de perdre de leur importance pour les pays pro-occidentaux, et ce, en raison de l’embargo sur les produits agricoles (pays membres de l’UE, États-Unis, Canada, Australie, Norvège).

En réponse aux sanctions de l’UE à l’égard de la Russie, le marché russe restera fermé à une majorité des produits agricoles et alimentaires européens jusqu'à fin 2017, afin de « protéger les intérêts nationaux de la Fédération de Russie ». Cet état est appelé à s’aggraver en raison de la situation politique en Syrie. L'ampleur de cette baisse apparaît clairement pour les Pays-Bas, numéro 1 incontesté et « plaque tournante » de l’exportation de fleurs et plantes à l'intérieur et en dehors des frontières de l’UE. Ainsi, en 2015, 44 pour cent des fleurs coupées vendues en Russie provenaient des Pays-Bas (Équateur : 36 % / Colombie : 13 %).

La part des exportations néerlandaises vers la Russie a diminué de plus de moitié au cours des trois dernières années. Si en 2014, la Russie figurait encore à la quatrième place des 10 principaux pays exportateurs des Pays-Bas, elle n’apparaît plus du tout dans cette liste en septembre 2016. Dès le printemps 2016, la part des exportations russes est tombée sous le seuil de trois pour cent, à environ 44,5 millions d’euros (cf. part des exportations allemandes : 30 %). Dans le même temps, la Pologne a connu une croissance des exportations de 13 pour cent, atteignant 55 millions d’euros. Cependant, comme on le voit sur les marchés des fruits et légumes, les failles se rétrécissent pour les marchandises de l’UE vers la Russie.

Des changements durables

Même si au début de la crise russe, de nombreux distributeurs et experts avaient bon espoir que les exportations de l’UE vers la Russie ne seraient limitées qu’à court terme, des indices de plus en plus nombreux montrent que les effets et changements de l’embargo russe seront perceptibles à plus long terme.

D'après les experts, la Russie consolide actuellement ses relations commerciales en dehors de l’UE et développe sa production interne. Il est difficile d'imaginer que ces mesures, une fois installées et transposées de manière fonctionnelle, soient plus tard dissoutes au profit des exportations de l’UE. Ainsi, l’Inde et le Vietnam, mais aussi le Japon, s'intéressent de très près à la Russie, cinquième importateur de fleurs et plantes à l’échelle mondiale. Ils examinent de près le marché et étudient les besoins des consommateurs et distributeurs russes.

Par exemple, à l’heure actuelle, le Vietnam assure des liaisons aériennes directes vers dix villes russes pour acheminer ses fleurs coupées et se positionner comme producteur à l’année de fleurs et plantes fraîches. Il s'agit avant tout de liaisons directes vers la métropole Moscou et sa périphérie. D’après les experts, la seule région de Moscou et sa périphérie représente plus de 40 pour cent de la demande en fleurs coupées achetées en Russie. Cette concentration du marché facilite la conquête. Le Vietnam est donc devenu un acteur incontournable du commerce extérieur russe.

Outre le renforcement de nouvelles sources d'approvisionnement en dehors des frontières de l’UE, la Russie mise de plus en plus sur le développement de son degré d’auto-suffisance. On sait que la Russie investira de plus en plus dans des serres hightech (état 2015 : env. 168 ha). Les experts estiment que la production russe de fleurs coupées a été multipliée par 2,5 au cours des quatre dernières années. En conséquence, environ 15 pour cent de la part du marché intérieur seraient couverts par des fleurs coupées issues de la production russe. Une croissance impressionnante, qui dans le même temps, révèle que le besoin d’importation de la Russie demeure élevé.

Ce besoin d'importation persistera même à l'avenir et augmentera même le cas échéant, en dépit des efforts déployés pour accroître le degré d’auto-suffisance. En Russie, les fleurs tiennent une place très importante lors des festivités et depuis peu, les Russes découvrent aussi la joie des fleurs pour leurs besoins personnels. Comme pour la Chine, il reste à savoir quand et comment l’UE pourra participer à cette tendance. Dans la branche, on espère que la crise russe sera résolue au plus tard dans dix ans et qu'un commerce illimité entre la Russie et l’UE pourra alors de nouveau se mettre en place. Mais il ne serait pas avisé de s’y fier. Par le passé, la Russie ne s’est pas toujours révélée un marché fiable, même avant l’embargo.

Conditions-cadres favorables en Allemagne

Malgré toutes les turbulences du marché (Brexit / persistance de l’embargo russe), le marché allemand des fleurs et plantes ornementales 2016 se présente comme stable à positif selon les premières constatations. Ce fait repose sur la confiance des consommateurs, indissociable d’un moral au beau fixe.

Comme en 2015, l’évolution stable du marché du travail, qui s'accompagne d’une augmentation de l’emploi et des salaires réels (+ 2,6 % au 1er trimestre/ + 2,3 % au 2e trimestre 2016), garantit un optimisme sur les revenus marqué et un désir de consommer constant. Contrairement au Royaume-Uni, le climat de consommation en Allemagne se montre extrêmement résistant malgré le Brexit et les attaques terroristes (remarque sur le Royaume-Uni : à l’automne 2016, 60 % des Britanniques sont inquiets pour leur avenir et réduiront probablement leurs dépenses personnelles en matière de mode, style de vie, construction et habitat.).

Selon le pronostic de la Société de recherche sur la consommation (GfK), les dépenses des ménages – un pilier essentiel de l’évolution économique en Allemagne –  augmenteront d’environ deux pour cent en 2016. Ce climat de consommation stable à un bon niveau est également ressenti par les distributeurs. Ainsi, au terme du premier semestre 2016 et malgré des conditions météorologiques défavorables pour la saison, le groupement industriel des jardins (Industrieverband Garten e.V. -IVG) et l’association commerciale bricolage, construction et jardinage (Handelsverband Heimwerken, Bauen und Garten e.V. -BHB) font état d’une légère croissance dans la branche, qui aura au moins atteint le niveau de l'année précédente fin 2016.

Le gouvernement fédéral compte sur une croissance stable de l'économie allemande à l’automne 2016. En conséquence, la croissance économique resterait stable à 1,8 pour cent. Même dans des pays comme la Pologne, le Portugal et la Turquie, le moral des consommateurs est au beau fixe et une tendance constante l’augmentation de la demande en fleurs et plantes peut être observée. Autre élément favorable en Allemagne, selon la stratégie d'avenir du secteur horticole, les conditions cadres sont appelées à s'améliorer. Fin octobre 2016, une motion intitulée « Renforcer et assurer l’avenir du secteur horticole et de l’aménagement paysager » a été approuvée à l'unanimité au Bundestag, ce qui constitue un secteur économique novateur. 

Fête des mères - la mesure de toutes choses

En 2016, la fête des mères, qui représente une des journées de vente les plus importantes de l’année pour le secteur des fleurs et plantes, a une nouvelle fois fait le bonheur de la plupart des grossistes allemands. Ainsi, l’association pour le commerce de gros et l'importation de fleurs (Verband des Deutschen Blumen- Groß- und Importhandels e.V. -BGI) fait état de prix stables avec une tendance à un volume des ventes en légère augmentation. La Veiling Rhein-Maas fait également état de bonnes ventes avec le deuxième chiffre d'affaires global des six dernières années. Il est intéressant de s'attarder sur l'observation des connaisseurs du marché selon laquelle les produits de qualité supérieure ont pu être négociés à de très bons prix. Ceci répond à l'objectif du secteur horticole allemand après une hausse de la création de valeur due à une meilleure appréciation.

Quand le prix va, tout va !

Même hors période de la fête des mères, les produits de qualité supérieure ont donc le vent en poupe. Toutefois, le phénomène de hausse des prix n’est évoqué que de manière sporadique par un petit nombre de distributeurs. Néanmoins, depuis 2010, l’Office fédéral des statistiques constate chaque année des prix de détail en hausse pour les produits de jardinage (cf. Indice 2010 = 100 à un indice 2015 = 112,4), les prix stagnent au niveau du commerce de gros selon les déclarations des grossistes du BGI. En revanche, au niveau du consommateur final, l’AMI fait état d’une augmentation de 53 centimes par unité (plante ou plateau) pour les plantes en pot au cours des six dernières années.

Il en va autrement aux Pays-Bas. L’augmentation des exportations constatée aux Pays-Bas est due presque exclusivement à des prix à la hausse. Ainsi, les prix moyens de la Royal FloraHolland 2016 ont augmenté mois après mois pour atteindre un niveau sans précédent dans l’histoire de la Royal FloraHolland. Il est surprenant de constater que le niveau élevé des prix concerne tous les assortiments de fleurs et plantes.

Début octobre 2016, avec 37,7 centimes, l'organisme de commercialisation a obtenu le prix moyen le plus élevé de tous les temps. Le prix moyen a ainsi augmenté de 5,6 pour cent, ce qui s’est accompagné d’une baisse de la part des livraisons de 1,5 pour cent début octobre. Il semble que ces prix moyens élevés s’expliquent par des circuits de distribution légèrement modifiés pour le commerce de détail, qui auraient entraîné des accords de prix plus fixes. Cette structure de « chaînes de création de valeur plus fiables » serait également perceptible dans le commerce des fleurs et plantes, mais ne serait pas suffisamment transposée selon les connaisseurs de la branche, car les fournisseurs et les grossistes allemands ne bénéficient guère de la hausse des prix de détail.

Faits marquants 2016

Les grossistes allemands constatent que les détaillants spécialisés se concentrent davantage sur des aspects comme la qualité et la production régionale lors de l'achat de fleurs et plantes. Cette observation est également faite en France où la marque « Fleurs de France » gagne en importance dans le commerce et la vente.

Dans l'analyse des causes publiée par les Néerlandais (Royal FloraHolland) à l'été 2016 sur la baisse des exportations de plantes vers l’Allemagne en 2015 (- 3,8 % = 83 millions d’euros par rapport à 2014), plus que l’augmentation du degré d’auto-suffisance de l’Allemagne, c’est avant tout la tendance aux produits régionaux qui est tenue pour responsable de la baisse.

Va t-on également assister à un renforcement de la tendance régionale pour les plantes ornementales comme dans le secteur des fruits et légumes ? En fonction de la typologie des consommateurs (Altmann, Kaim, Fluck, 2012) pour le marché des plantes ornementales allemand, les attitudes face aux régionaux, écologiques et issus du commerce équitable sont connues. Par conséquent, il est courant que le désir de régionalité augmente chez les consommateurs de toutes les classes d’âge, mais les achats ne sont pas exclusivement régionaux ou allemands. Le fait de savoir que les fleurs coupées viennent d’outre-mer serait déterminant.

La décision d'achat est plutôt influencée par une multitude d'aspects particuliers. Outre l'aspect régional, la mise en place d’une production durable (écologique, équitable) est de plus en plus importante. Ici, il est intéressant de noter que la demande d’un label commerce équitable divise les consommateurs. Les partisans de cette solution sont âgés de 60 ans et plus ; les jeunes étant moins concernés. Il s'agit ici probablement de la génération des fondateurs du mouvement vert des années 70/80 qui a conservé ses attitudes.

Le principal critère de décision est et reste la qualité (produit et processus). En ce sens, il faut souligner que les consommateurs allemands ont aussi volontiers recours à des produits d'importation lorsqu'ils sont séduits par la qualité et les vertus mises en avant (respect pour l’homme et l’environnement).

« Durabilité » et « régionalité » favorisent donc les ventes, mais ils sont toujours associés à la qualité lors de la décision d'achat des consommateurs allemands.

Outre l’aspect régional, les grossistes constatent une autre particularité pour 2016. L’alimentation au détail tendrait à se professionnaliser et à élargir son assortiment. Par conséquent, l'alimentation au détail s’intéresse de plus en plus aux fleurs et plantes, qui étaient jusqu’alors classiquement réservés au commerce de détail spécialisé et « s'aventure » à la recherche de parts de marché dans l’assortiment des détaillants spécialisés. Une constatation qui oblige le commerce de détail spécialisé à négocier et qui doit être surveillée de près.

Concernant les grossistes, une autre particularité ou observation est que dans le marché stagnant des plantes en pot, la croissance résulte presque exclusivement des nouveautés, produits et concepts innovants. Dans ce contexte, le salon « Hortivation », qui s’est tenu pour la première fois en 2016, suit donc la bonne approche en sensibilisant la branche aux innovations.

Conclusion

Les flux internationaux de marchandises sont en cours. Nous avons une demande stable dans l’UE et un potentiel de croissance hors UE.

En Allemagne aussi, le marché des fleurs et plantes se montre stable et garantira la demande pour 2017 si le moral des consommateurs est au beau fixe.

Point positif : la hausse des prix au détail qui n’est pas bien accueillie par tous dans la chaîne de création de valeur.

Le Brexit et la Russie sont deux thèmes dominants en 2016, dont les effets ne seront perceptibles qu'à long terme. Mais il ne serait pas avisé de croire que tout s’arrangera forcément pour le mieux. Tous les pays feraient bien de mettre en place d’autres circuits de distribution et marchés cibles. Que ce soit par l’intensification des contacts commerciaux existant au sein ou hors de l’Europe. Grâce à ces réorganisations, on peut prédire que les flux de marchandises changeront en 2017 en raison de l'évolution du comportement des consommateurs de certains pays de l’UE.

Ici, l’augmentation des achats directs pratiqués par les grandes centrales de distribution dans les pays producteurs est certainement un moteur.

Nous verrons alors si l’UE a fait passer un petit référendum aux grands effets ou un grand référendum aux petits effets. Le suspense reste entier, de l’Est à l’Ouest !

 

Sources

Discussions entre experts et EUROSTAT, AMI, BGI, GfK, VGB, TASPO, Gabot

 

Dr. Marianne Altmann

CO CONCEPT, pour le compte de la foire d’Essen sur IPM Essen 2017